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Littérature espagnole : top 10 des écrivains hispanophones

Rédigé par Camille V le 05/11/2018

Langue officielle de 21 pays à travers le monde, l’espagnol est incontournable dans le panorama littéraire mondial. S’il faut bien le maîtriser pour s’attaquer à ces oeuvres en version originale, leur lecture - même traduite - vous apportera un bel éclairage sur le monde hispanophone, de l’Espagne à l’Amérique Latine.
Découvrons donc sans plus tarder la littérature espagnole à travers 10 écrivains hispanophones.

Luis Sepúlveda, la littérature hispanophone venue du Chili

Né en 1949 à Ovalle, Luis Sepulveda est d’abord un militant politique et environnemental. Fait prisonnier sous la dictature de Pinochet pour son engagement auprès des jeunesses communistes, il s’exile très vite en Europe et vit aujourd’hui dans les Asturies espagnoles. Traduit en 35 langues, son premier roman, Le Vieux qui lisait des Romans d’amour, lui vaut une réputation internationale toute légitime. Sur fond de lutte pour la reconnaissance des populations indigènes, ce livre suit un vieil homme solitaire en harmonie totale avec la nature amazonienne, qui découvre l’amour et ses souffrances au travers de ses lectures.

Ses oeuvres phares :

  • Le Vieux qui lisait des Romans d’amour, 1992

  • Les Roses d’Atacama, 2001.

Federico Garcia Lorca, monument de la poésie espagnole

Considéré comme l’un des plus grands poètes espagnols, Federico García Lorca a su sublimer l’Espagne du 20ème siècle dans d’innombrables vers. Parmi ses inspirations, citons les traditions populaires, la culture tzigane, le flamenco et les oliviers ensoleillés. Assassiné par les milices franquistes en 1936, sa poésie fait encore référence aujourd’hui.

Ses oeuvres phares :

  • Libro de Poemas, 1921

  • Romancero Gitano, 1928.

Gabriela Mistral, première écrivaine d’Amérique Latine à obtenir le Nobel de Littérature

Sculptures hommage à Gabriela Mistral et Pablo Neruda (voir plus bas)

1945, année de la consécration pour la Chilienne Gabriela Mistral. Aucune femme avant elle, mais aussi aucun homme, n’avait reçu le Nobel de Littérature en Amérique Latine. Cette grande écrivaine a donc marqué le paysage de la littérature hispanophone à jamais. Si son oeuvre poétique est empreinte d’un féminisme certain, il ne prend jamais le dessus sur la fluidité et la précision de son style. Bien au contraire, il sert plutôt l’émotion et la réflexion suscitées par ses vers incisifs.

Ses oeuvres phares :

  • Désolation, 1922

  • Lectures pour Femmes, 1923.

Pablo Neruda, le plus grand poète hispanophone

S’il est d’abord ambassadeur chilien à l’étranger et même rival un temps de Salvador Allende, Pablo Neruda retourne vite à ses premières amours, la poésie et les mots. Fort de ses années passées en Asie, du Sri Lanka à Singapour, il mêle habilement le castillan à des sujets politiques ou orientalistes, parfois même subversifs, de la chasse à l’éléphant à l’éphémère de l’opium. Un poète et conteur d’abord, et même l’un des plus grands écrivains hispanophones à travers le monde.

Ses oeuvres phares :

  • Vingt Poèmes d’Amour et une Chanson désespérée, 1924

  • Chant général, 1950.

Mario Vargas Llosa, un écrivain venu du Pérou

Le jury du Nobel de littérature ne s’est pas trompé en récompensant le travail de Vargas Llosa en 2001. Influencé par Albert Camus et de nombreux écrivains européens, cet auteur péruvien place l’engagement politique et moral au coeur de son oeuvre, sans toutefois renier les bienfaits d’intrigues plus légères et sentimentales. Une manière subtile de faire subsister une certaine utopie face à l’absurdité latente du monde qui l’entoure.

Ses oeuvres phares :

  • La Ville et les Chiens, 1963

  • La Guerre de la Fin du Monde, 1983.

Gabriel García Márquez, premier Colombien à recevoir le Nobel de littérature


@Pierre Pouliquin / CC BY-NC 2.0 / Flickr

Heureux détenteur du prix Nobel de littérature en 1982, Garcia Márquez est incomparable dans le paysage de la littérature hispanophone. Son oeuvre la plus connue ? Cent Ans de Solitude, une épopée familiale entre fable et fantastique, l’incarnation même du “réalisme magique” que l’on doit à ce grand Colombien. Ses sujets de prédilection ? Les tiraillements du continent sud-américain, politiques comme économiques, traités avec une poésie génialement imagée.

Ses oeuvres phares :

  • Cent Ans de Solitude, 1967

  • L’Amour au Temps du Choléra, 1985.

Jorge Luis Borges, monument de la littérature argentine

Déconcertante, l’oeuvre de Borges l’est, par son style d’abord, concis et incisif. Les personnages et intrigues sont fascinants, et propices à de nombreux questionnements existentiels. Contes fantastiques ou fictions plus réalistes, les nouvelles de Borges nous emmènent au plus profond de notre âme pour nous confronter à nos questionnements les plus intimes. Un classique de la littérature hispanophone du 20e siècle.

Ses oeuvres phares :

  • Fictions, 1944

  • L’Aleph, 1944-1952.

Antonio Muñoz Molina, le roman policier vu par un auteur espagnol contemporain

Écrivain andalou encore actif, Munoz Molina est le fier représentant du roman policier espagnol. Prisé des critiques littéraires, il a su imposer son style dans la vingtaine de romans déjà inscrits à sa bibliographie, des hommages aux grands romans noirs américains transposés en Espagne, au Portugal ou en exil. Les crises politiques ne sont jamais loin, tout comme l’humour et une grande humanité.

Ses oeuvres phares :

  • L’Hiver à Lisbonne, 1987

  • Dans la grande Nuit des Temps, 2012

  • Comme l’Ombre qui s’en va, 2016.

Cervantes, écrivain espagnol indétrônable

Si la littérature sud-américaine a tendance à faire de l’ombre à la littérature d’Espagne, un grand nom ibérique subsiste et subsistera quoi qu’il en soit. Cervantes, Miguel de Cervantes Saavedra de son vrai nom, écrivain, poète mais aussi dramaturge espagnol des 16 et 17e siècles. Que lui doit-on ? De nombreuses oeuvres dont la plus illustre, El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha, son roman centré sur le personnage de Don Quichotte, un chevalier moderne.

Ses oeuvres phares :

  • La Galatée, 1584

  • L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche, 1605-1615.

Isabel Allende, une écrivaine chilienne au nom renommé

Entre amour et mort, campagnes et villes, maîtres et domestiques, réalisme et fantastique, le premier roman d’Allende, La Maison aux Esprits, nous offre une vision complète et complexe du quotidien d’une famille chilienne sur huit générations. Un monument de la littérature en espagnol, non dénué de considérations politiques puisqu’Isabel Allende est la nièce de Salvador Allende, président chilien de 1970 au coup d’Etat de Pinochet, en 1973.

Ses oeuvres phares :

  • La Maison aux Esprits, 1982

  • Fille du Destin, 1998.

Pour parfaire votre espagnol, vous pouvez vous atteler à la lecture d’un roman dans sa version originale ou bilingue, selon votre niveau. Ou de quelques de Pablo Neruda pour commencer doucement…

Et vous, quel est votre écrivain hispanophone préféré ?

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