Mathématiques

« La bosse des maths » ou l’histoire d’une légende urbaine

Rédigé par Margaux C. le 15/01/2019

Vous avez déjà sans doute entendu parler de la « bosse des maths »: certains en seraient dotés depuis la naissance, d’autres en seraient dépourvus. Et bien rassurez-vous, tout cela est faux. Nous sommes tous capables de briller en mathématiques, de manière égale. Mais pour cela, il faut bien s’exercer. Explications.

Une idée loufoque née au XIXe siècle

C’est l’histoire d’un médecin allemand, Franz Gall, venu s’installer en France au début du XIXème siècle. Fondateur de la phrénologie - qu’il appelait lui-même « cranioscopie » -, le médecin développa l’idée selon laquelle les enfants dotés d’un front haut et un peu bosselé étaient meilleurs en calcul mental que les autres. Selon lui, être bon en maths était un don naturel, qui ne tenait qu’à la morphologie du crâne. De là, est née la fameuse expression « avoir la bosse des maths ».

Si cette idée loufoque a subsisté de nombreuses années, et persiste encore parfois aujourd’hui, les progrès en neurosciences et en imagerie cérébrale ont depuis démontré qu’elle était totalement fausse. Cette forme de crâne est en réalité due à la manière dont les enfants ont été couchés au cours de leur petite enfance. Les crânes des bébés, très modulables, peuvent conserver certaines formes si une pression constante est exercée sur certaines zones. Rien à voir avec un don naturel pour les maths donc.

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Un « don naturel » dont nous sommes tous dotés

Pour ce qui est de ce fameux don, nous en sommes tous pourvus de manière égale. Dès leur septième mois, tous les bébés ont la notion des nombres. Puis, leurs capacités vont se développer grâce à des stimulations. Une autre idée reçue consiste à penser que dans notre cerveau, la « zone du calcul » est très précise. Il n’y a en réalité pas « un » endroit précis. Selon les dernières études du fonctionnement cérébral par imagerie médicale, il est apparu que plusieurs zones de notre cerveau sont mobilisées simultanément au cours d’une tâche mathématique.

Plus étonnant encore, les différentes opérations de calcul ne s’effectuent pas aux mêmes endroits. Ainsi, pour une soustraction, ce sont les régions préfontale et pariétale qui vont s’activer, tandis que pour une multiplication, c’est le cortex pariétal inférieur qui va intervenir. Pour revenir à la pratique, « on n’a pas besoin de connaître ses tables de multiplication pour être un bon mathématicien, mais l’important c’est réfléchir vite, réfléchir en réaction, se demander quel est le sens de ces opérations » explique le mathématicien Cédric Villani, Médaille Fields 2010 et directeur de l’institut Poincaré.

Vous l’avez compris: être bon ou non en mathématiques dépend de la manière dont vous allez exercer et entraîner les zones concernées de votre cerveau. Un peu comme un athlète qui s’entraîne au sport, grâce à une pratique intense quotidienne, vous allez rapidement être capables d’exceller. Alors, rassurés ?

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